Bonne nouvelle : les délais de paiement se réduisent (un tout petit peu)

7-Sep-2016

Les entreprises ont payé leurs fournisseurs avec en moyenne 12,2 jours de retard au deuxième trimestre, contre 13,6 jours un an plus tôt. Le bâtiment consolide sa place de meilleur payeur.

 

Bonne nouvelle pour les PME!

 

Il y a un an, les retards de paiement avaient brutalement dérapé en France pour approcher 14 jours en moyenne en fin de 1er semestre 2015. Depuis, la situation se détend progressivement et les décalages de paiement se rapprochent de 12 jours au 2e trimestre 2016, selon la dernière étude du cabinet Altares. Cet assouplissement devrait apporter une bouffée d'oxygène à la trésorerie des PME, déjà fortement sollicitées. Chaque année, les retards de paiement des clients envers leurs fournisseurs ponctionnent la trésorerie des PME de 15 milliards d'euros et sont responsables d'un quart des faillites.

Le bâtiment consolide sa place de meilleur payeur. Plus d'un entrepreneur sur deux (54,3%) règle ses factures sans aucun retard, c'est 15% de plus que la moyenne toutes activités confondues (38,7%). Le secteur affiche ainsi un retard moyen de 9 jours tiré par les activités de second œuvre, tandis que les décalages sont de 12 jours en maçonnerie générale et un peu plus de 13 jours pour la construction de maisons individuelles.

 

La situation s'éclaircit plus généralement pour les PME de 10 à 249 salariés où le retard moyen se réduit d'une demi-journée, à 12,8 jours. En revanche, les comportements de paiement ne s'améliorent pas dans les ETI de plus de 500 salariés, dont le retard moyen se situe à 15,1 jours au 2e trimestre, contre 14,9 jours sur les trois premiers mois de l'année. Dans le secteur public, en dépit de dérapages observés chez les grands acteurs de l'administration (plus de 500 collaborateurs), l'ensemble du secteur public affiche une sensible amélioration. En moyenne, les reports de paiement sont ramenés de 13 à 12,1 jours pour les EPIC, de 14,8 à 14,2 jours pour les services de l'État et de 9,8 à 8,8 jours pour les EPA.

 

L'amélioration s'accélère également en Europe, dont le retard moyen était repassé en ce début d'année sous le seuil des 14 jours pour la première fois depuis trois ans. À 13,5 jours désormais, les reports de règlements sont comparables à ceux calculés à l'été 2012. Si l'Allemagne demeure exemplaire, l'Espagne signe sa meilleure performance sur dix ans à 14 jours en moyenne trimestrielle, très loin des 22 jours relevés en 2010.

 

Les délais de paiement, un facteur de risque toujours élevé

 

Pour autant, il est trop tôt pour crier victoire car cette bonne dynamique pourrait être mise à mal sur la deuxième partie de l'année. «Si le début d'année a été dynamique, la croissance a ralenti en Europe d'avril à juin et fait du surplace en France. Pour les entreprises, le scénario de business reste donc confus, situation ne permettant pas d'envisager une accélération des paiements interentreprises en Europe, affirme Thierry Millon, directeur des études d'Altares. Le trimestre en cours donne même quelques signes de tensions que septembre corrigera difficilement. Les délais de paiement vont donc rester un facteur de risque très sérieux sur les relations d'affaires domestiques comme internationales.»

 

Les entreprises subissant des retards de paiement ne doivent pas hésiter à saisir la Médiation des entreprises, présidée par Pierre Pelouzet. Ce dispositif gratuit, rapide et totalement confidentiel, aboutit dans 75% des cas à une solution satisfaisante pour les deux parties. Mais la meilleure des défenses reste la vigilance en amont. «De la qualité de la prospection au traitement de la commande jusqu'au recouvrement approprié des factures associées, il convient d'être rigoureux dans toute la chaîne de la relation client pour sécuriser puis développer ses affaires», conclut Thierry Millon.

 

Marie-Cécile RENAULT - Le Figaro - 06/09/2016

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